|
Les
canons du fort de l'Île aux Moines
De
la vingtaine de canons qui armaient le fort de l’Île-aux-Moines
au début du XIXe siècle, seuls deux canons
subsistent aujourd’hui, sans affût, posés sur
des cailloux : l’un est situé au sud-ouest
de l’île, en contrebas du phare reconstruit entre
1949 et 1952 ; le deuxième est situé en
contrebas du fort, près de la plate-forme de la
batterie orientée à l’ouest (présence attestée
sur des plans anciens du début du XIXe siècle).
La
construction des affûts de canon :
C’est
Jean-Paul Le Bars, président fondateur de l’association
(décédé en octobre 2005) qui eut l’idée en
2004 de fabriquer des affûts pour les canons, l'un
situé en contrebas du fort et l'autre près du
phare. Il s’agit de canons vraisemblablement en
fonte, de calibre 18, tirant des boulets de 18
« livres de balles » (soit un peu moins
de 9 kilogrammes).
Dans
le cadre de son engagement pour la valorisation du
patrimoine naturel et architectural de l’Île-aux-Moines,
l’association Sept-Îles 2000 a proposé en 2004
à la Commune de Perros-Guirec et au Conservatoire
du littoral de remettre les deux canons de l’île
sur des affûts.
Par
courrier en date du 18 février 2005, le
Conservatoire du littoral a donné son accord pour
le programme de travail de l’association. L’association
a alors engagé des recherches pour la réalisation
et la mise en place d’un affût pour le canon
posé sur le sol sous le fort, en prenant appui sur
les études historiques et techniques de MM. Salembier
et Sallier-Dupin.
La
fabrication des affûts s’est appuyée des
recherches historiques et techniques. Un modèle a
été photographié au Musée de la Corderie royale
de Rochefort par un bénévole de l’association
Sept-Îles 2000.
Les
recherches historiques engagées ont permis de s’assurer
que, à l’origine, la plupart des canons du fort
de l’île étaient des pièces d’artillerie de
calibre 18 montées sur des « affûts de
côte » (ou « affûts marins »).
Améliorant la précision et la cadence de tir, l’installation
sur des affûts à quatre roues était assez
encombrante. Le support du tube était monté sur
des sortes de rail en contre-pente. Cela permettait
d’assurer le maintien de la direction du canon,
lors du recul et du retour en batterie. Le tout
était monté sur un solide pivot, ancré aux
Sept-Îles sur un bloc de granite. L’orientation
de la pièce d’artillerie se faisait rapidement
par des leviers directeurs, des roulettes permettant
la rotation sur des rails circulaires. Ce type d’artillerie
évolua assez peu entre le XVIIe siècle
et le début du XIXe siècle (invention
de l’obus explosif).
Deux
affûts ont été construits, selon des plans
anciens, par un membre de l’association M.
Jean-Claude Guillerm, ancien mécanicien de la
marine marchande, retraité à Buguélès, qui a
assuré dans son atelier les travaux de menuiserie
et de montage. Son travail, réalisé à titre
bénévole, avec l’aide de Jean Le Graet (choix du
bois), a permis de construire, avec des plans
tracés à l’échelle 1, un affût de canon ayant
les caractéristiques suivantes :
-
Type
de bois : chêne.
-
Poids
du bois débité : 700 kilos.
-
Poids
des ferrures fabriquées : 100 kilos.
-
Poids
de l’affût avec pièces de ferronnerie :
800 kilos.
-
Dimensions
de l’affût : 1,72 mètres de long et
0,93 mètre de haut ; largeur avant :
0,68 mètre, largeur arrière : 0,82
mètre.
-
Dimensions
des 2 essieux de roue : 13,6 cm de
diamètre.
-
Couleur
de la peinture : « rouge sang »
(identique à celle des canons de la frégate de
La Fayette, « L’Hermione », en
cours de reconstruction à Rochefort). La
couleur rouge a été choisie par référence
aux affûts de canons marins.
-
Type
de peinture : glycéro satinée (sous
couche minium).
-
Temps
nécessaires aux travaux de menuiserie : 200
heures.
-
Temps
nécessaire aux travaux de ferronnerie : 40
heures.
L’affût
a été construit en fonction du calibre 18 du canon
situé sous le fort. Les caractéristiques du canon
sont les suivantes :
-
Matière :
fonte
-
Longueur
du fût : 2,96 mètres.
-
Diamètre
intérieur : 0,40 mètre.
-
Bouche
du canon : 13,6 cm de diamètre.
-
Dimensions
des oreilles de soutien : 13,6 cm de
diamètre.
-
Poids :
environ 2 tonnes.
Dans
un deuxième temps, l’association a passé
commande à M. Baptiste Le Tiec, maître ferronnier
à Langoat (rue de la vieille forge) afin qu’il
fabrique, selon les techniques du XVIIIe siècle
(recherches de M. Salembier) et selon des plans
fournis à l’échelle 1, toutes les ferrures et
pièces nécessaires |
|